Vie de chien et chanson donnée
Je vais pas encore m’excuser de pas vous avoir écrit plus tôt. On va prendre ça comme une vieille habitude entre nous. Ce sera comme une surprise que vous attendiez plus, c’est un peu gros, pardon, ce sera disons comme un truc qui passe, sans qu’on en attende rien.
Juste vous écrire ça, c’est pas sans avoir envie de vous raconter un beau cadeau qu’une lectrice de ce blogue m’a fait parvenir. À moins qu’elle ne lise que l’autre blogue, allez savoir. M’enfin! Une lectrice m’a envoyé une chanson. Elle l’a fait anonymement. Elle est passée par un mammouth qui se sent vieux aussi parfois, puis tout ça sans rien dire d’autres, même pas plus que la chanson. C’est toujours beau les chansons échappées, c’est encore plus beau quand on les donne. C’est comme oublier un livre pour pas qu’il meurt avec soi, en soi, c’est même comme jouer les robins des bois, voler les riches d’airs magiques et les redonner aux pauvres de musique dans l’âme.
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Oh! Faut que je vous dise. C’était Birkin. Pas la fille qui m’a donné la chanson bande de joyeux rêveurs, non. C’était une chanson de Birkin. Un duo. Un truc joyeux que toute la famille aime chez-moi. On est comme ça chez-nous vous saurez. On s’engueule rarement pour une chanson.
Pareil que pour le petit dernier de la famille, ce chien qu’on a ramené et qu’on se demande encore pourquoi. Ben voilà, y’a comme un consensus qui s’est fait. Faut garder le chien. La puce l’a même écrit dans sa carte de Joyeuses Pâques. Une carte pour sa maman. Très jolies. Les deux.
On a même réalisé un truc aussi. Pour votre colérique d’Ex-Ivrogne, la présence d’un chien dans la maison, spécialement un chien qui a l’air aussi con que gentil, c’est parfaitement thérapeutique. Ça chasse aucunement l’envie de boire un coup, de se réchauffer de partout avec un rouge tachant, mais se faire regarder piteusement par quelqu’un qui se lèche tout-de-suite après la zézette, ça bouscule pas mal ce qui peut vous enrager.
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Quand j’étais tout petit, j’avais pas le droit aux chiens. Ma mère détestait les animaux et l’Haloween, et je suis longtemps resté persuadé que c’était parce qu’ils contenaient une certaine dose de bonheur. Faut savoir qu’on naviguait assez bien dans le drame chez-nous et que le bonheur, ça risquait de brasser l’horaire du malheur.
Alors je me suis vengé. Du malheur je veux dire. On a maintenant un chien. À quoi ça sert? À raconter sa peine tiens! On peut pas toujours parler qu’on a de la peine, on peut pas par exemple, dire à sa femme que c’est moche quand ça fait 10 ans qu’on a fait un enfant, quand ça fait 4 ans qu’on en adore une autre, que toutes les fêtes passent, de Pâques à Noël, et qu’on reçoit pas plus de carte que le nouveau chien.

